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projet pédagogique

Lucien Cerise prend le maquis

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Table des matières

Tel est pris qui croyait prendre

Les vacances de Mr Cerise

Chair de poule au Cameroun

La foire aux fruits

Rififi au Cameroun

Le feu au Maquis

Pas net... cet net !

Le feu aux poudres

Jeu de piste au Cameroun

Roman-photo

Fight for life

Cerise pédale dans le Cameroun

Annexe 1 / Courrier de  Lucien Cerise

Annexe 2 / Courriers de Philippe Revelli

Pas net… ce net !

 

9h16…9h20…9h29…9h42…Nerveusement, Lucien interrogeait sa montre. Allait-elle venir ? Hier il avait pris l’avion, heureux d’aller retrouver Suzanne qu’il avait rencontrée sur le Net. Dix mois déjà qu’ils correspondaient régulièrement et avaient appris à se connaître. Lucien avait promis de venir au Cameroun pendant ses congés. Il était là, fidèle au rendez-vous, mais Suzanne, ou était- elle ? Les passagers de son vol avaient tous rejoint des connaissances. Lui, il attendait Suzanne ; mais elle allait venir ; il en était sûr. Pourtant au bout d’une petite heure, il commença à douter.
Il sortit de l’aéroport et se dirigea vers un des nombreux mototaxis qui attendaient, rangés le long du trottoir.
- L’ami, peux tu m’emmener à la Place Ahmadou Ahidjo ?
- Ah ah, fit le Kamga, bien sûr, tu verras avec moi, pas de problème ; installe toi ; la place est à l’autre extrémité de Yaoundé mais je peux t’y emmener en quelques minutes !
Conduisant sans casque et à une allure folle, le motocycliste ne respectait aucune priorité !
- Il n’y a pas le feu ! Cria Lucien mais les pétarades de la moto ne permettaient pas à son conducteur d’entendre quoi que ce soit.
- T’y voilà l’ami ; pas cher, pas cher : 200 Fcfa.
Il empocha l’argent et fit demi-tour. Lucien, quant à lui, cherchait tout à l’entour pour découvrir le fameux cybercafé où Suzanne avait l’habitude de se rendre.
Peut-être que…
La porte était ouverte, des jeunes parlaient fort. Près de la fenêtre, une jeune femme le dévisagea avec un sourire. Lucien se présenta.
- Vous êtes le fameux Lucien de France, n’est-ce-pas ?
- De France, oui ! Vous me connaissez ?
- Mon amie Suzanne m’a parlé beaucoup de vous ! Moi c’est Clara ! Mais où est-elle ? Vous l’avez vue ?
- Non justement !
- Comment ? Elle était impatiente de vous voir ici. Mais que fait-elle alors ?

Clara avait emmené Lucien au domicile de Suzanne. Porte close. Ce n’était pas dans ses habitudes. D’ordinaire elle confiait tous ses secrets à Clara. Mystère…
Lucien s’interrogeait silencieusement. Pourquoi ne voulait-elle plus le voir ? Pourquoi alors lui avait-elle demandé tant de fois de venir au Cameroun ? Pourquoi ?…Pourquoi ?
Clara le fit sursauter
- Je sais ! Cria-t-elle, nous allons retourner au cybercafé ; je peux aller sur la messagerie de Suzanne. Nous apprendrons peut-être quelque chose.

Grâce au net, Lucien vient d’apprendre que Suzanne avait un autre rendez-vous la veille de son arrivée. Un rendez-vous à l’aéroport avec un certain Drelon de Denain.
Que doit-il faire ? Reprendre l’avion, rentrer chez lui et oublier Suzanne ? Pourtant il veut en avoir le cœur net : Drelon est-il encore ici à Yaoundé ? Et Suzanne où peut-elle bien se cacher ? Ce Drelon, qui est-il au juste ? Lucien connaît bien le secteur de Denain dans le Nord de la France, pour y avoir travaillé pendant plusieurs années. Il a un ami à la gendarmerie. Le contacter ? Rien de plus simple pour lui demander quelques renseignements sur ce fameux Drelon. Pourtant Lucien est à cent lieues d’imaginer ce qu’il va apprendre.
- Drelon, un faux nom ! Sa véritable identité : René Duparc ! Il y a cinq ans, il habitait Lille et revendait de la drogue ; il s’est fait prendre et a passé un an en tôle ; à sa sortie il s’est tenu à carreaux pendant deux ans puis il a déménagé à Denain et s’est fait appeler Drelon. Des soupçons pèsent sur lui et il est surveillé par la police.
- Pourquoi ? Interroge Lucien.
- Depuis son arrivée à Denain il a abandonné son boulot ; pourtant il roule en BMWM5. Mais pourquoi me parles-tu de lui ?
- Apparemment, il aurait kidnappé une certaine Suzanne ; enfin, je dis bien apparemment ! Il est arrivé hier à Yaoundé. Cette fille l’attendait à l’aéroport … Depuis, plus aucune nouvelle d’elle ! Sont-ils encore au Cameroun ou bien ont-ils repris l’avion pour la France ?

Sur les caméras de surveillance, Drelon a bien été identifié, accompagné d’une jeune fille mulâtre. Suzanne ? C’est bien elle ! Ce matin même, alors que Lucien posait les pieds sur le sol camerounais, Drelon et Suzanne partaient pour la France !
C’est bien ma chance, se lamente Lucien Cerise en reprenant l’avion. Mon séjour au Cameroun aura été bien court ! De toute façon je n’ai plus rien à faire là-bas. Et puis maintenant c’est à la police de s’occuper de tout ça. Néanmoins, il ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Pourquoi Suzanne ne m’a-t-elle rien dit ? Que lui a promis Drelon pour l’attirer en France ?
Il a hâte de poser les pieds sur le sol français et d’avoir des nouvelles par son ami le policier.

Durant plusieurs jours, Drelon ne réapparaîtra pas à Denain. Un jour pourtant il rentre seul à Denain, sans Suzanne !
Aux policiers qui viennent l’interroger, Drelon répond sans sourciller :
- Oui je suis allé au Cameroun... Oui, je l’ai rencontrée sur le NET… Oui, nous sommes revenus ensemble ; elle m’a fait croire que c’était pour moi ; je lui ai alors payé le billet mais, à l’arrivée à Paris, des gens l’attendaient. Elle m’a planté là pour partir avec eux.
- Qui étaient ces gens ? Où sont ils allés ?
- Certainement de la parenté mais je ne les ai pas suivis !

Ce que Drelon ignore, c’est que ses allées et venues sont surveillées!
Chaque jour il se rend à Lille, à la rue des « Deux clefs », dans une taverne appelée « Aux Trois Diamants ». Un jour, les policiers le voient sortir de là avec une jeune femme de couleur… Suzanne ? Ils se dirigent tous deux vers la voiture de Drelon qui ouvre son coffre et tend un sac à sa compagne puis démarre en trombe. Suspectant de la drogue, les policiers interpellent la jeune femme qui cherche désespérément à s’enfuir ! Ils lui demandent d’ouvrir son sac et découvrent de la drogue, beaucoup de drogue !
Suzanne, c’est bien elle, est emmenée au commissariat et interrogée. Mais elle s’obstine à garder le silence. Quand la police lui demande ses papiers, elle éclate en sanglots et commence à tout dévoiler :
- Drelon devait venir au Cameroun pour ses affaires.
- Quelles affaires ?
- Je ne sais pas ! il m’a demandé si je voulais venir le saluer à l’aéroport.
- Vous y êtes allée ?
- Oui mais quand il m’a vue il m’a embrassée avec tellement d’affection ! Nous sommes allés manger une glace et il m’a avoué qu’il serait fou de joie si j’acceptais de revenir avec lui en France. Pour moi, c’était ma chance ; du moins c’est ce que je croyais. Je n’ai pas hésité longtemps, il a tout arrangé et m’a payé mon voyage…
- Et ensuite, à Paris, qu’avez vous fait ?
- Nous avons pris le train jusqu'à Lille ; il était beaucoup moins gentil ; il m’a pris mes papiers et m’a emmenée dans une taverne. C’est ton job, m’a-t-il dit !
- Quel job ?
- Faire la prostituée et vendre de la drogue aux clients !
- Et vous avez accepté sans broncher ?
- Vous croyez que ça me plait ? Je croyais que nous allions nous marier ; au lieu de cela, je suis seule et je n’ai plus aucun document ; il m’a tout pris !

Il est temps pour les policiers d’arrêter Drelon. Il a à nouveau disparu. Un voisin affirme l’avoir vu charger sa voiture à bloc et démarrer en trombe.
A-t-il un complice qui l’aurait prévenu de l’arrestation de Suzanne ?

La police perquisitionne à la taverne des « Trois Diamants ». Elle y trouve le bras droit de Drelon, un certain Psycho et une dizaine de filles étrangères qui donnent le même témoignage que celui de Suzanne. Les pauvres ont toutes peur de Drelon. Mais où est-il ce mécréant ?

A Yaoundé, Clara suit les évènements, tenue au courant par Lucien Cerise. Elle veut à tout prix coincer ce dingue de Drelon et venger son amie. Ce fou ne sait pas qu’elle est l’amie de Suzanne. Alors elle imagine un truc dingue : pendant des jours et des jours elle envoie des messages à Drelon et cherche à le conquérir. Va-t-il prendre à l’hameçon ? Elle n’y croit pas trop mais pourtant un jour, Drelon lui répond : il doit venir au Cameroun. Clara exulte, son coup de théâtre a réussi. Maintenant qu’elle sait qu’elle va le voir, elle s’effraie et découvre qu’elle est agitée d’un tremblement nerveux.
« Du nerf ma fille ! Se dit-elle, tu ne dois pas flancher si près du but ! »
Puis tout se déroule très vite ; mentalement elle repasse tout ce qu’elle aura à faire si Drelon lui propose de retourner avec lui !

Clara n’en croit pas ses yeux ! Cet affreux personnage pour qui elle éprouve un dégoût grandissant, tombe dans le panneau ! Quel être immonde ! Pense Clara... me faire les yeux doux pour m’attirer dans son guêpier et me placer dans un autre bordel à lui, sans aucun doute !
- Tu ne réponds pas ?
Clara sursaute à la voix de Drelon.
« Attention ma fille ! Se dit elle, tu ne dois rien laisser voir ! »
Et d’une voix langoureuse, elle répond :
- Si ! Bien sûr ! Mais pour moi c’est trop beau ce que tu me proposes. J’ai toujours rêvé d’aller vivre en France !

A l’aéroport, Clara s’esquive en faisant croire qu’elle doit aller aux toilettes mais c’est sur un poste téléphonique qu’elle se précipite :
- Allô, Lucien, c’est Clara, j’arrive à Paris avec Drelon demain à 20h20.
Très vite elle rejoint Drelon qui est en train d’acheter le Cameroun Tribune, journal qu’il lira pendant le vol sans se soucier de sa compagne.
A l’atterrissage, Drelon entraîne Clara sur le parking et lui ouvre la portière d’une auto.
Au moment où il veut sortir de l’allée du parking, une voiture venant en sens inverse lui bloque le passage ; Drelon tente de faire marche arrière mais une autre voiture le colle de près. Colérique, il klaxonne et hurle mais brutalement se tait et blêmit en voyant, devinez qui… Suzanne descendre de l’auto et le pointer du doigt.
En furie il ouvre sa portière et descend mais des mains se posent sur lui :
- Police !

Pour lui, la cavale est terminée !!!

 

Nouvelle de la classe de 1ère BEP Maintenance du Lycée Alfred Kastler de Denain / Enseignante : Mme Hayoit