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projet pédagogique

Lucien Cerise prend le maquis

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Table des matières

Tel est pris qui croyait prendre

Les vacances de Mr Cerise

Chair de poule au Cameroun

La foire aux fruits

Rififi au Cameroun

Le feu au Maquis

Pas net... cet net !

Le feu aux poudres

Jeu de piste au Cameroun

Roman-photo

Fight for life

Cerise pédale dans le Cameroun

Annexe 1 / Courrier de  Lucien Cerise

Annexe 2 / Courriers de Philippe Revelli

Chair de poule au Cameroun

 

Lettre de Dieudonné à Lucien Cerise

Cher Lucien,

Au vu des derniers évènements, j’ai jugé plus prudent de rester dans l’ombre. Tu comprendras pourquoi quand tu y seras. Fais gaffe quand tu arriveras ici. Le danger te guette à chaque coin de rue. Pour l’affaire qui nous concerne, rends-toi directement à Yaoundé. J’essayerai de te contacter.
Bon courage
Dieudonné


Messages retrouvés sur le répondeur de Lucien Cerise.

Bip… « Allô, Lulu, c’est Maman. Ben, où qu’il est, il n’est pas là. Ah, il est encore parti. Bon, c’est pour te dire que j’ai reprisé tes chaussettes vertes. Voilà, allez bisous fils. »
Bip… « M. Cerise, un conseil d’amis. N’allez pas au Cameroun et mêlez-vous de ce qui vous regarde… » Bip…

Chapitre 1

« Où suis-je ? Mais qu’est-ce que je fais ici ? »
Je passe la main derrière ma tête… Aie, une énorme bosse…
J’avance doucement, péniblement. Je sors de la ruelle et me voici sur une grande rue dont le sol est fait de terre. Un énorme nuage de poussière s’envole à chaque passage de voiture !
Là, j’aperçois un restaurant : « Le Maquis, bar restaurant, Yaoundé »
Yaoundé, au Cameroun !
Mais qu’est-ce que je fiche ici ? Des questions sans réponse. A chaque interrogation, le trou noir, cette maudite bosse qui me fait mal. Je ne me souviens de rien. Ah ! Si, mon nom, Lucien, Lucien Cerise.
J’avance vers ce café pour prendre un bon remontant espérant qu’il me remettra les idées en place. Au bar, derrière le comptoir, une dame âgée, forte, se tient là et essuie des verres.
- Bonjour,
- Salut. Un whisky s’il vous plaît.
- Vous venez de loin ?
- Je n’en sais rien ; ou plutôt je ne sais plus... j’ai reçu un coup sur la tête et depuis c’est le trou noir. Je sais simplement que je m’appelle Lucien.
- Ici, tout le monde m’appelle Maman Claudine. Vous avez besoin d’aide ? Si je peux aider…
- Je ne sais pas où dormir !
- Il reste la chambre de mon fils Dieudonné. Il devait venir m’aider mais je n’ai pas de nouvelle de lui. Dès qu’il s’agit de venir pour le boulot, y’a plus personne. Tu n’auras qu’à m’aider et la chambre et à toi.
- Que dois-je faire ?
- Tu dois travailler ici, au Maquis et … enquêter !
- Enquêter ?
- Oui, depuis plusieurs mois on me vole mes poules que je fais venir de Douala. Des poules rousses pour être plus précise, les plus grasses de mon poulailler.
- D’accord, de toute façon je n’ai nulle part où aller…
J’accepte la proposition de Maman Claudine qui est pour moi une vraie mère poule. Peut être qu’avec le temps, la mémoire me reviendra.

Chapitre 2

Voilà bientôt une semaine que j’essuie les verres au fond du café. A cette heure, le café est désert ; Maman Claudine s’est couchée avec le soleil et moi je reste là à nettoyer.
- Tiens, quel est ce bruit ?
Un vacarme venant de la ruelle à côté du Maquis retentit. Mais c’est là que Maman Claudine a installé son poulailler ! Soudain, les poules se mettent à caqueter. Je me précipite au dehors laissant la table s’essuyer toute seule.
- C’est sûrement ce voleur de poules, me dis-je. C’est l’occasion de lui mettre la main dessus.
Arrivé dans la ruelle, je vois une ombre qui court, une poule à la main. Je la suis pour voir où cette première piste me mènera… mais l’ombre glisse à travers les ruelles mal éclairées, il va vite, trop vite ; essoufflé, je dois m’arrêter et l’ombre disparaît comme par magie dans une rue sombre de Yaoundé. Perdu, je tente quand même de retrouver la trace du voleur. Je fouille autour de l’endroit où l’ombre m’a faussé compagnie. Mais rien, juste une fumée au loin, au-dessus d’une lueur dans la nuit. Je décide de rentrer au maquis. Un étrange sentiment me noue les tripes, comme une peur profonde, comme un malheur qui viendrait de se produire…

Chapitre 3

Blang, boum !!! Satanée poubelle ! Cela va alerter toute la ruelle.
L’inconnu se relève, se précipite dans le poulailler, prend une poule et s’enfuit à toute allure.
En se retournant, il aperçoit une ombre, un homme semble-t-il qui sort du restaurant.
- Tiens, ça doit être le nouveau, il ne va pas se mêler de mes affaires encore une fois.
Une course poursuite s’engage dans les ruelles de la ville.
- Il est coriace, mais je n’ai pas été le meilleur coureur de mon quartier pour me faire rattraper par un blanc bec comme ce Lucien Cerise
L’homme accélère de nouveau, se faufile dans les ruelles, change souvent de direction, et son poursuivant semble lâcher prise.
- Je vais passer par la porte secrète du sorcier…
- Ça y est, il est passé.
Soudain, une voix qui semble provenir des ténèbres de la pièce rompt le silence.
- Imbécile ! Tu t’es fait suivre. J’ai dû mettre le feu au resto et j’ai mis maman Claudine en lieu sûr, le temps que ce Lucien Cerise nous fiche la paix
- J’ai récupéré la poule rousse, comme convenu…
- Bien, laisse-moi, je vais procéder au sacrifice et demander aux esprits qu’ils te soient cléments et t’aident.
- Ok, patron, on se retrouve ici dans une semaine comme convenu.

Chapitre 4

Que se passe-t-il ? On dirait que cela vient du maquis. Plus je m’approche du resto et plus la rue est envahie par une épaisse fumée. Je me précipite vers le maquis et j’entends le bruit des pompiers qui se dirigent vers le restaurant. Des gens courent vers les flammes en criant.
Quelques minutes plus tard, un spectacle affreux s’offre à mes yeux. Des cendres.
- Il ne reste plus que des cendres ! Vite, j’interroge les pompiers pour savoir si Maman Claudine va bien.
- Maman Claudine, où est Maman Claudine ? Comment va-t-elle ?
Le commandant des pompiers me montre les dents en or….
- Nous n’avons trouvé que ça. Le feu avait tout ravagé. On n’a rien pu faire… désolé !
- Non, ce n’est pas possible, mais comment peut-il rester si peu de chose d’une personne si imposante ?
- Vous savez, on a retrouvé des traces d’essence. Le feu n’a pas pris tout seul. On a aspergé l’intérieur du restaurant avec.
Ces déclarations me laissent d’abord sans voix. Qui pourrait vouloir tuer une femme si bonne comme l’était Maman Claudine ? Le voleur de poules ? On ne tue pas pour une malheureuse petite poule. Pauvre Maman Claudine ! Si gentille ! Elle m’a tendu la main alors que j’étais perdu ici. Non, je ne l’abandonnerai pas.
- Je te vengerai, je trouverai qui a fait ça !
D’un revers de la main, j’essuie mes yeux qui se mouillent.

Chapitre 5

Je commence par revenir à l’endroit où ce maudit voleur de poule, cet assassin, m’a semé et je recherche des indices dans la ruelle. Aucune trace de pas, ou plutôt, trop de traces, dans toutes les directions. C’est pas avec ça que je retrouverai celui qui a tué Maman Claudine.
Tiens une carte de visite « le poulet à la broche. Poulet frites à toute heure ».
Mais c’est le restaurant du concurrent de Maman Claudine ! C’est bizarre. Que fait la carte de visite de cet individu ici ? Maman Claudine m’a déjà parlé de lui. Il s’est installé en face de Maman Claudine mais ça n’a pas marché et il faut dire que les clients ne sont pas vraiment ravis. De plus, il s’est lancé dans la cuisine de poulet mais ici, personne ne sait cuisiner le poulet ; tout le monde préfère la poule et surtout celle que faisait Maman Claudine.
Je me presse au resto et je m’assois à une table ; j’écoute les conversations et je regarde les personnes présentes. Quelques minutes plus tard, le garçon arrive et me donne la carte des menus : poulet à la Bressane, poulet rôti, poulet au curry, poulet au paprika, poulet au gingembre, poulet basquaise, poulet aux cafards… Brrr un mauvais souvenir de mes voyages passés ! Allez, je me décide pour le poulet paprika avec quelques patates douces.
Il prend la commande et repart dans les cuisines. Il revient plus tard et je vois qu’on me sert une poule au pot. Le garçon me dit :
- Désolé, monsieur, on n’a rien d’autre.
Bizarre pour un resto de poulet. Le patron arrive de son bureau, situé à l’étage du restaurant. Il traverse la salle et quitte le resto.
Je décide de suivre le patron, un dénommé Monsieur Renne. C’est un homme grand, à l’allure baraquée, un ancien rugbyman je crois.
La nuit est tombée et dans le soir, sa silhouette correspond à celle de l’inconnu qui, quelques jours plus tôt, m’a semé ce triste soir de la disparition de Maman Claudine. Il me mène jusque la ruelle où il avait mystérieusement disparu. Sans me faire voir, je le suis jusqu’à une porte dérobée, pratiquement invisible des passants. Je me faufile mais je perds sa trace à l’intérieur de la maison. Une étrange odeur d’encens flotte dans l’air. Je monte à l’étage et derrière une porte fermée de l’extérieur par un énorme verrou, j’entends un léger bruit, puis plus rien.
Doucement, je pousse le verrou et pénètre dans la pièce sombre. Soudain, un coup sur la tête me fait perdre connaissance.
Une voix dans la pièce lâche : « Mon dieu, Lucien ! »

Chapitre 6

J’ouvre les yeux. Ça y est, je dois être au paradis ; je vois Maman Claudine. Je reprends mes esprits et le fantôme de Maman Claudine me parle :
- Ça va Lucien ? Je pensais que c’était ce maudit sorcier qui revenait.
- Mais tu n’es pas morte ?
- Ben, non pourquoi dis-tu cela ?
- On a retrouvé tes dents en or dans les cendres du Maquis.
- Ah ! Les canailles ! Ils ont brûlé mon restaurant, c’était toute ma vie !
- J’ai suivi le patron du poulet à la broche jusqu’ici. Et en montant, je t’ai retrouvée. Mais … Bon sang, j’ai retrouvé également la mémoire.
- Tu vois, un bon coup sur la tête…
- Tu sais, si je suis ici, c’est sur la demande de ton fils Dieudonné. Comme tu lui avais demandé de venir t’aider au maquis pour retrouver ton voleur de poule, il a reçu des menaces et a dû se cacher. Il m’a demandé de venir car ici personne ne me connaissait. Mais quand je suis arrivé, en me rendant au maquis, j’ai cru apercevoir quelqu’un du côté du poulailler. Je me suis approché et là bang ! Un coup sur la tête. La suite, tu la connais.
- Ecoute Lucien, sortons d’ici. On va prévenir Mange Mille.
- Qui ?
- Un policier qui me doit un service. Je l’ai sorti d’une affaire compliquée où on l’accusait d’avoir reçu de l’argent pour fermer les yeux sur un trafic.
- Ok, sortons. Je n’ai pas envie de rester ici ; et puis maintenant, on sait qui volait tes poules. Par contre, je ne comprends pas ce que le sorcier et ce Renne viennent faire dans cette histoire.

- Bah, on verra cela après.

Chapitre 7

- Alors Maman Claudine, ça va ?
- Oui, mais dis-moi, Mange Mille, pourquoi ces deux canailles me volaient ?
- C’est une histoire compliquée. Renne espérait faire crouler ton affaire et racheter ton restaurant. Mais c’est le sien qui ne fonctionnait pas. Il a alors décidé de faire appel au sorcier. Mais celui-ci l’utilisait pour son trafic. Il lui demandait de voler tes poules rousses pour faire tes sacrifices et te lancer des sorts.
- Pourquoi seulement les poules rousses ?
- Oh, c’est bien simple. Il cachait dans les poules rousses que tu faisais venir de Douala, des diamants qu’il écoulait ensuite sur le marché européen. Sous prétexte de sacrifices, il découpait la poule et récupérait les diamants qu’on lui avait fait manger. Ça fait des mois qu’on est sur ce trafic de diamants mais on n’arrivait pas à savoir comment il passait les diamants en fraude. Grâce à toi, c’est fini.
- Oh non, c’est grâce à Lucien. Je te dois la vie Lucien ; on ne sait pas ce qu’ils auraient fait de moi. Dieudonné m’a appelé et il arrive la semaine prochaine. Avec les assurances et la prime pour la capture des trafiquants, on va reconstruire un nouveau restaurant.

* * *

Lettre de Dieudonné à Lucien Cerise

Salut Lucien,

Je te remercie de t’être occupé de ma mère comme tu l’as fait.
Les amis de ce restaurateur m’ont laissé tranquille et j’ai pu revenir m’occuper de la reconstruction du nouveau Maquis.
Tu devrais revenir voir ça, ça en jette… Maman Claudine a même inventé une nouvelle recette : « poule à la Lucien Cerise. » Et oui tu vois, tu vas être célèbre ici.
Allez à plus

Ton pote, Dieudonné

PS : pour te remercier, je t’envoie un petit caillou retrouvé dans une des poules rousses qui nous restaient, ça sera un souvenir…

 

Nouvelle de la classe de CM1/CM2 de l’école Greuze de Calais / Enseignant : Mr Renne