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projet pédagogique

Lucien Cerise prend le maquis

voir les photos...

Table des matières

Tel est pris qui croyait prendre

Les vacances de Mr Cerise

Chair de poule au Cameroun

La foire aux fruits

Rififi au Cameroun

Le feu au Maquis

Pas net... cet net !

Le feu aux poudres

Jeu de piste au Cameroun

Roman-photo

Fight for life

Cerise pédale dans le Cameroun

Annexe 1 / Courrier de  Lucien Cerise

Annexe 2 / Courriers de Philippe Revelli

Le feu au Maquis

 

A l'aéroport, Lucien Cerise est assis, attendant l'embarquement pour le Cameroun. Il joue sur son portable pour passer le temps. Une sonnerie l'avertit d'un message : « Prêt pour cette mission ? Bon voyage à toi.! Allez, on est ensemble ! » Signé Philippe R.
Lucien répond par un sourire à cette attention d'un si vieil ami. « Philippe, c’est lui qui m’a fait exister. Avant, je n’étais rien…. Et puis grâce à lui, je suis devenu détective. Il m’en a souvent donné des missions, qui m’ont emmené bien loin. Cette fois, je dois aller aider Monsieur Dieudonné, un de ses amis, dans son restaurant "Le Maquis". »

Pendant le long vol, il regarde par le hublot, il dort un peu, il pense aussi beaucoup à ce restaurant "Le Maquis" dont il va devoir s'occuper.
A son arrivée à Yaoundé, il est surpris par la chaleur ressentie dès la sortie de l'avion.
Il prend un taxi qui l'emmène au Maquis. Descendu du taxi, il observe les alentours, s'attend à être reçu par Dieudonné le restaurateur, mais personne ne l'accueille.
Il entre dans la salle déserte :
- Oh mais il n'y a pas grand monde ici !
Maman Claudine, la "dame de confiance" du patron est assise derrière le comptoir et se fait entendre :
- Bonjour, c'est le soir qu'il y a du monde… A voir votre chapeau, vous devez être Monsieur Cerise.
- C'est bien moi. Et mon ami Dieudonné ? Où est-il passé ?
- Il est parti en France, sans donner de raison, répond-elle. C’était urgent. Ça paraît tellement secret qu’il n’a voulu laisser aucune adresse là-bas, même pas un numéro de téléphone. Il a dit que : "Lucien Cerise saura y faire pendant son absence". Alors, à vous de jouer !
Maman Claudine sert un rafraîchissement à Lucien et lui propose un repas. Un peu après, elle le conduit dans sa chambre à l'étage. A peine allongé, Lucien s'assoupit.

Il est réveillé en début de soirée par les clients qui discutent bruyamment juste en dessous.
Lucien descend pour se joindre à l'assemblée. Il boit et parle avec les clients. Il fait donc des connaissances.
La plupart sont des habitués. Par exemple Marcel, un chauffeur qui ne rate pas une occasion de passer au Maquis. Il y a aussi Mange Mil un policier semblant connaître tout le monde. Et surtout, Lucien remarque la jolie Angélique... Elle est journaliste... et elle est jolie.
La soirée se passe agréablement. Lucien Cerise observe beaucoup, il voit plusieurs fois Maman Claudine s'absenter dans la réserve, à chaque fois avec une personne différente.
Il est maintenant tard et les clients quittent un à un les lieux.
Lucien et Claudine rangent la salle. Il voit bien que la poche du tablier de Maman Claudine est gonflée. Un billet dépassant lui laisse supposer que ce sont des billets qui emplissent son tablier.
Lucien décide de finir la soirée par une petite balade dans le voisinage.

Il s'éloigne un peu et entend alors des bruits étranges. Une grosse Mercedes est garée tout près. Lucien devine le canon d'une arme derrière la vitre. Il se sent saisi violemment à l'épaule par une main qui le fait reculer de quelques pas, et le force à s'accroupir derrière un buisson. Il se retourne et dans la pénombre, il voit un personnage qui lui fait signe de ne pas faire de bruit.
Ce personnage, habillé à la façon d'un sorcier, disparaît aussi vite qu'il est apparu. Il y a soudain de l'agitation du côté de la Mercedes. Plusieurs ados en descendent et courent vers le restaurant. Ils mettent le feu à la bâtisse avant de se sauver tout aussi rapidement et la Mercedes s'éloigne dans la nuit.
Lucien s'aperçoit qu'il n'est pas seul à observer la scène. Angélique est là aussi tapie dans un coin. Elle a pris des photos de cet attentat.
Le Maquis est en feu. Les voisins accourent, crient...
La violence des flammes ne laisse personne approcher.
Tout le monde regarde impuissant le restaurant disparaître dans cet incendie, avec la peur que Maman Claudine périsse dans les flammes. Mange Mil qui est parmi les badauds, accompagne Lucien derrière le Maquis.
- Peut-être qu'elle a réussi à s'échapper ? Allons voir, cherchons...
Rapidement, ils retrouvent une de ses chaussures. Et tout près, il y a des traces de voiture. S'est-elle enfuie ? A t-elle été enlevée ? Bizarre tout ceci !

Angélique, elle, n'est pas restée dans les parages. Elle est aussitôt rentrée chez elle, visionnant ses photos sur son ordinateur. Elle en imprime quelques unes et les place dans un dossier déjà épais. Elle s'empresse de le cacher comme un objet très très précieux.

Lucien désemparé après cette catastrophe se trouve perdu, sans logement. C'est Mado qui lui vient en aide. Mado, c’est la sœur de Maman Claudine. Elle vient d'arriver sur les lieux. Lucien lui raconte ce qui s'est passé et ses soupçons sur la disparition de Maman Claudine :
- Ah Monsieur Lucien ! Ça m'étonne pas tous ces malheurs ! Un soir, qu'y avait plein de monde, j'ai retrouvé des passeports déchirés dans la poubelle de la remise. J'les ai recollés et c'était plusieurs fois le même nom que j'ai vu : un dénommé Maurice Goloumbe qui entraîne une grosse équipe de foot à Douala. Allez ! Venez Monsieur Lucien, vous allez rester quelques jours chez moi, il vous faut un toit !

Le lendemain, Lucien Cerise veut retrouver cette Angélique. Elle doit en savoir des choses...
Il marche songeur dans la rue et voit Angélique sortant de la petite épicerie du coin. Il l'aborde et lui montre sa volonté de tout savoir sur ces évènements :
- Vous étiez là hier soir, vous saviez qu'il allait se passer quelque chose de grave ! Alors, il faut me dire. Vous avez même des photos…
Angélique est presque contente de pouvoir partager son secret avec Lucien Cerise. Elle ne sera plus seule dans son enquête :
- Venez, je vais vous expliquer.
Chez elle, elle sort le dossier de sa cachette. Elle a des fiches sur plusieurs personnes :
- Le Général E, il est impliqué dans toutes sortes de trafics, des joueurs de foot, des armes aussi... Marcel, il ne fait pas que transporter des marchandises, il fait aussi du clandestin... Mange Mil, il est partout où il y a des sous... Et puis il y a aussi le patron de l'équipe de foot de Douala, il trafique avec des grands clubs Européens. Et il y a des liens dans tout ça, mais il me manque encore des éléments.
Lucien poursuit :
- Mado m'a aussi parlé de ce Maurice Golambe. Je finis par me demander si Maman Claudine ne trempe pas dans cette affaire !

Lucien Cerise décide de partir à Douala enquêter un peu du côté des footballeurs, promettant à Angélique de faire équipe avec elle dans ses recherches.
En grand détective qu'il est, après avoir assisté à un entraînement de l'équipe, il remarque un jeune joueur particulièrement doué. Il parvient facilement à le rencontrer et à discuter amicalement :
- Tu es un joueur de qualité ! Tu ferais une sacrée vedette dans un grand club !
- Vous n'êtes pas le seul à me le dire, j'ai justement rendez-vous avec un grand sélectionneur Français demain au restaurant du club. C'est Monsieur Maurice qui va tout organiser. Mais je suis pas tranquille, c'est pas facile !
Lucien quitte ce jeune et repère immédiatement les lieux de la rencontre, prévoyant d'être lui aussi à ce rendez-vous.
Le lendemain, il attend à une petite table tout près du jeune joueur déjà installé. Il va pouvoir écouter leur conversation. Le sélectionneur ne tarde pas à venir et salue :
- Bonjour ! Je suis heureux de te rencontrer.
- Bonjour ! Que voulez-vous exactement ? Réplique aussitôt le jeune.
- J'entraîne une grande équipe de foot en France. Je t'ai vu jouer plusieurs matches, tu es un super joueur. J'aimerais bien que tu viennes dans mon club.
Le jeune semble douter :
- J'aimerais bien, mais... ma famille... ma vie ici... et puis, si je ne suis pas bon dans votre équipe ?
L'entraîneur insiste :
- Quoi ? Tu vas être excellent, on va t'aider… Maurice m'a dit que tu progresses de jour en jour. Tu vas devenir une star. Et ta famille, elle va devenir riche avec tout l'argent que tu vas gagner ! D'ailleurs, tes parents sont déjà d'accord.
- Vous êtes drôle vous ! Mes parents… mes parents… C'est ma vie à moi, pas à eux ! Et puis j'ai un copain qui est parti avec des belles promesses. Il s'est fait une sale blessure et on l'a laissé tomber. Il est maintenant dans la misère dans votre pays. Alors moi, ça me fiche la trouille
L'homme n'abdique pas :
- Moi, je ne suis pas comme ça ! Je m'occupe de mes protégés.
Le jeune ne se sent pas vraiment en confiance et décide :
- J'ai pas envie de tout laisser ici et de me retrouver dans la rue à l'étranger.
Le recruteur montre son mécontentement en se levant brusquement et en haussant le ton :
- C'est bien dommage d'hésiter ainsi devant mon offre. Tu verras, tu finiras par accepter.
Et il tourne les talons. Le jeune ressentit ces mots presque comme une menace.

Dans la journée, Lucien Cerise voit plein de jeunes venir s’entraîner au club et discute un peu avec eux. Il devine bien chez eux la forte volonté d’être recruté par un grand club et gagner beaucoup d’argent.
A peine rentré à Yaoundé, il retrouve Angélique et lui raconte tout. Angélique est fort surprise que ce jeune ait refusé la proposition :
- D’habitude, dès la première rencontre, les jeunes acceptent, mais c’est lui qui a raison. Tu sais qu’on leur demande une grosse somme d’argent pour le recruteur, pour le voyage, mais aussi pour le général E qui délivre plus facilement les papiers nécessaires pour quitter le pays. Angélique ajoute : J’aimerais bien le coincer ce Général, mais il est malin, il reste bien à l’abri et fait travailler les autres.
Lucien Cerise se demande si Maman Claudine ne servait pas d’intermédiaire entre les joueurs et le Général E :
- Avec les allées et venues dans la réserve et son tablier rempli de billets, ça expliquerait tout : elle récupère l’argent et le fait parvenir au Général. En plus, au Maquis, ça passe inaperçu. Je vais fouiner dans ce sens, je sens que ça pourrait être une piste.
- Une chose dont je suis sûre, dit Angélique, ces voyages de joueurs vers l’étranger, ils en profitent pour faire passer de la drogue, et des grosses quantités…
Lucien Cerise se demande depuis le début pourquoi Angélique s’intéresse tant à cette affaire. Il finit par lui poser la question. Angélique lui raconte que son frère a été un de ces joueurs qui ont fait le voyage :
- Il n’a jamais touché à la drogue et pourtant il a été arrêté à sa descente du bateau, sa valise était chargée de pochettes bourrées de drogue. Personne ne l’a aidé, je ne sais même pas ce qu’il est devenu. Personne ne l’a jamais revu. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’est plus en France. Il y a eu un accord entre les justices des deux pays. Didier serait revenu au Cameroun pour y être jugé comme trafiquant de drogue. Moi, je crois surtout que le général E le séquestre pour qu’il ne parle pas. Ou pire encore, il l’a peut-être exécuté… Alors je veux démasquer et inquiéter les responsables. Et toi, tu me donnes un grand coup de main

Le jour suivant, ils continuent d’enquêter, de fouiner, de roder partout où ils peuvent tirer des renseignements. Ils vont beaucoup du côté du foot. Ils assistent tous les deux à un match assez important, rien qu’à voir la foule. Angélique prend beaucoup de photos, Lucien parvient à descendre près du banc de touche, se faisant passer pour un reporter sportif. Il essaie de discuter avec les remplaçants. Il n’en n’apprendra pas plus. Par contre, quelqu’un dans la foule observe le manège des deux fouineurs. C’est MangeMil.

Mange Mil se dit que les deux personnages deviennent vraiment trop curieux. Il se rend surtout compte que la situation peut devenir dangereuse pour lui. Il a bien envie d’agir mais il n’osera pas de peur de prendre une initiative sans prévenir le grand patron : le Général E.
Il obtient rapidement un rendez-vous avec lui et lui fait part de ses remarques :
- Je viens de voir la journaliste Angélique et un monsieur qui passe tout son temps avec elle. Il s’agit d’un détective : Lucien Cerise. J’ai grand’peur, mon général qu’ils finissent par être sur nos talons. Le soir de l’incendie, je l’ai vue, cette fille, prendre des photos. J’ai cru qu’elle était là simplement pour relater l’incendie. Mais non ! Je suis passé au Demi-Crocodile, le bar resto en face du Maquis… Ben oui ! On y retrouve tous les anciens du Maquis. Eh ben ! La fille, elle montrait les photos à Cerise, y’a pas que des photos du feu. Elle a aussi pris votre voiture, et les gosses qui en descendaient… Et j’ai pas tout vu… Je les ai vus aussi au foot. Ils interrogent pas mal les jeunes. Moi, je trouve que ça fait beaucoup.
- Moi aussi, rouspète le général. Et sa colère augmente encore. On va lui faire une grosse peur, lui rappeler qu’elle doit pas fourrer son nez n’importe où !!! J’ai bien fait de pas liquider son frère, on va la faire chanter la petite.

Le général envoie illico ses hommes de main visiter l’appartement d’Angélique. Ils ont ordre de tout fouiller et trouver tous les documents qui peuvent le concerner et de faire passer un message à la grande curieuse. Mais les hommes du général ne trouvent rien. Ils sont agacés, de ne rien découvrir… et terrorisés rien qu’à l’idée de l’annoncer au Général. Ils laissent en partant un message en grosses lettres au marqueur noir : « ARRETE TON AFFAIRE OU TON DIDIER EST MORT »

En fin de journée, Angélique hurle en ouvrant la porte de son appartement. Tout est sens dessus dessous. Lucien la retient :
- N’entre pas, çà peut être dangereux.
Il passe devant et avance avec mille précautions… Il sursaute quand il entend un hurlement derrière lui :
- Vivant ! Vivant ! Il est vivant mon Didier !!!
C’est Angélique qui vient de faire battre le cœur de Lucien comme jamais.
- Regarde, ils menacent de le tuer !!! C’est qu’il est encore vivant – Angélique ne pense déjà plus à cette mise à sac de son appartement – Au lieu de me faire peur, le Général me redonne des forces !!!
Lucien se remet de sa grosse frayeur. Et cette joie si communicative d’Angélique lui donne plus envie encore de l’aider et de poursuivre l’enquête.
- Mais attention, ajoute-t-il, il va falloir être prudent et rapide pour ne pas mettre la vie de Didier en péril.
Ils décident de poursuivre leurs investigations.
Mais que faire ? Où aller ? Rencontrer qui ?…
Angélique propose de se faire aider par un personnage fort connu dans la région : le sorcier Kasimodor. Beaucoup vont le consulter et trouvent parfois des solutions grâce à lui. Cette idée fait éclater de rire Lucien :
- Un sorcier ?! Pourquoi pas une voyante aussi ?!…
Angélique ne comprend pas trop sa réaction :
- Chez toi, tu n’as pas l’habitude d’avoir affaire avec ces gens-là, tu n’y crois pas, chez nous, les sorciers sont hautement considérés. Alors, avec ou sans toi, j’irai le voir.
- C’est bon, je viens, répond Lucien qui a presque vexé Angélique.
Kasimodor accepte de les recevoir.

Angélique et Lucien roulent une bonne heure pour se retrouver éloignés de tout, près d’une hutte dans un bosquet. Les voilà accueillis par un salut tête baissée et une invitation à entrer. Lucien reste bouche bée car il reconnaît de suite le personnage bizarre qui l’a mis à l’abri des gangsters, quelques jours plus tôt, lors de l’incendie du Maquis.
- C’était vous l’autre soir ?
- Et oui, on se connaît déjà nous deux ! Confirme le sorcier.
Dans cette pièce assez sombre, seules quelques bougies apportent une faible lueur. Assis sur un petit coussin, face à lui, elle explique au sorcier leur enquête et surtout qu’elle veut retrouver son frère. Kasimodor demande une photo de Didier, qu’il pose juste devant une coupelle en métal. Il se lève, s’absente dans la pièce voisine un instant et revient avec plusieurs petits sachets dans les mains. Il vide les contenus solennellement dans la coupelle, et allume délicatement le mélange.
Les herbes se consument lentement et il se dégage une fumée que le sorcier fixe, avec des yeux exorbités :
- Je vois… Je vois… des jeunes… que des garçons… C’est dans une grande maison… très grande… un château plutôt… C’est la propriété d’un militaire… Je vois de l’eau… Oui, c’est près de la mer… Oh ! Je vois aussi de l’inquiétude, de la peur, de la tristesse… Quelqu’un a envie de s’échapper… Je devine au loin un lion avec deux têtes…
Le feu s’éteint dans la coupelle et Lucien comprend que sans fumée, le sorcier ne verra plus rien.
Lucien est sceptique devant la démonstration de Kasimodor. Il a l’impression de n’avoir rien appris. Angélique est plus optimiste :
- Il doit y avoir un message dans tout ce qu’il a dit. Cherchons bien, nous trouverons.

De retour à l’appartement, ils décident de regarder plus attentivement encore toutes les pièces du dossier sur le général E, des vieux journaux, des articles déjà parus, des photos…
Ils vont aussi sur Internet à la recherche des châteaux ou grandes demeures de la région.
Ils en trouvent des dizaines et des dizaines mais soudain, ils s’arrêtent sur la photo d’un château s’appelant « Le Manoir du Double Lion ». Angélique et Lucien se regardent :
- C’est peut-être çà le lion à deux têtes qu’a vu le sorcier !
Dans le texte accolé à la photo, il est indiqué que la demeure est la propriété d’un Monsieur Edgar, richissime militaire. Lucien réagit aussitôt :
- Edgar… E … Le général E … c’est Edgar…On a trouvé c’est lui, c’est sûr…
Pour Angélique aussi, il n’y a aucun doute. Elle est persuadée de toucher au but.
- Ouiii, on a trouvé !!! On va pouvoir y aller !!!
Son enthousiasme fait plaisir à voir.
- Attention ! Lui rappelle Lucien, tu oublies presque que l’affaire reste périlleuse. Ce manoir doit être une forteresse et il va falloir trouver le moyen d’y pénétrer.

Après toutes ces émotions, Lucien emmène Angélique faire une petite pause détente au Demi-Crocodile. Autour d’un verre, ils partagent leurs idées sur la suite des évènements. Comment vont-ils s’y prendre ?
Au Demi-Crocodile, c’est l’heure où se retrouvent les habitués. Marcel est attablé et raconte à ses amis que demain, il part la journée entière pour mener une grosse cargaison au port.
Au fil de la discussion, Angélique et Lucien sont de plus en plus intéressés par les paroles de Marcel. Marcel annonce qu’il doit prendre une livraison importante au manoir du Double-Lion. Il connaît très bien l’itinéraire, il travaille régulièrement pour le propriétaire. Ces mots résonnent dans les têtes de nos deux enquêteurs. Ils restent calmes et essaient de soutirer encore quelques informations à Marcel mais il reste alors plus secret.
Angélique et Lucien ne traînent guère dans le bar. Ils ont pensé à la même chose et déjà élaboré le plan idéal pour entrer au Manoir du Double-Lion.
- Tu sais où il est son camion ?
Angélique sait :
- Bien sûr, sur une petite place au bout quartier.
Angélique attrape Lucien par la main et l’entraîne dans la ruelle qui y mène.
- Tu vois, c’est là-bas, le camion, c’est le bleu avec la bâche verte, on y reviendra cette nuit.
Ils passent la soirée ensemble avec des sentiments partagés : la plaisir d’être sur une piste sérieuse et la peur de l’aventure du lendemain.

La nuit tombée, Ils se rendent sur la petite place et montent discrètement dans la caisse du camion. C’est assez facile, il suffit de lever un peu la bâche. Ils se cachent sous des cartons rangés vers l’avant. Et ils attendent patiemment le départ.
Le matin venu, Marcel s’installe aux commandes de son camion et c’est parti pour le Manoir.
Aux grilles du Manoir, les deux gardiens reconnaissent Marcel et laissent le camion passer le mur d’enceinte. Le chemin continue à travers des arbres. Le camion roule plus lentement sur ce chemin de terre tassée. Angélique et Lucien en profitent pour descendre, et se cacher parmi les arbres. Ils s’approchent de la bâtisse et observent les événements. L’arrière du camion est débâché. Deux hommes forts commencent des allées retours entre le porche et l’échelle du camion. Ils chargent des cartons soigneusement scotchés. Le manège dure un bon quart d’heure. Puis ils appellent une quinzaine de jeunes à sortir :
- Allez les jeunes ! En route pour la gloire
Angélique et Lucien comprennent aussitôt que ces jeunes sont des footballeurs partant pour l’Europe….Comme son frère. En guise de gloire, ces jeunes sont tout surpris de se voir considérés comme du bétail. Ils montent un peu hébétés avec leurs bagages dans la benne, accompagnés des deux porteurs.

Tout le monde parti, Angélique et Lucien pénètrent dans l’habitation. Ils avancent sur la pointe des pieds. Ils ouvrent les portes une à une, mais personne. Ils découvrent une maison déserte.
Une porte donne sur un escalier descendant au sous-sol. Ils l’empruntent et arrivent dans un long couloir au bout duquel est assis un garde. Un fusil est posé contre le mur près de lui. Ils se méfient donc et s’en approchent en rasant les murs. Ils découvrent un garde totalement endormi par l’alcool. Fouiller dans ses poches ne le réveille même pas. La clé de la cave est trouvée et permet d’ouvrir la porte juste à côté. Angélique est toute heureuse d’y trouver son frère. Lucien assiste à un moment intense de bonheur. Angélique serre son frère très fort contre elle :
- Didier, j’ai tellement eu peur de ne jamais te revoir.
Didier annonce que Maman Claudine est dans la cave voisine. Ils ouvrent la seconde porte :
- Que faites-vous là Maman Claudine ?
Avec l’émotion, Maman Claudine éclate en sanglots, puis explique :
- Ils m’ont enlevé et ils ont brûlé mon Maquis… Ils ont voulu me punir. Au début, ils m’ont d’abord forcé à faire l’intermédiaire entre les jeunes footballeurs et le Général E. Au Maquis, je leur donnais les papiers et je récupérais l’argent pour ces bandits. C’est vrai qu’ils me laissaient un peu d’argent… Mais après, j’ai su qu’il y avait des affaires de drogue en plus… Alors là, je voulais plus. J’ai même déchiré les papiers la dernière fois. En pensant être tranquille, j’ai même crié que j’allais tout dire de leur manège. Et puis voilà tout c’qui m’est arrivé…
Ils quittent tous ce sous-sol lugubre.

Angélique appelle Mado pour qu’elle vienne les rechercher. Mado saute de joie en entendant Angélique qui lui annonce en plus :
- On a retrouvé Maman Claudine et Didier. Ils sont vivants !
Mado ne tarde pas à arriver et les ramène – Pendant ce temps, Marcel a roulé une bonne partie de la journée et est arrivé au port. Son chargement, de joueurs et de marchandise, est déjà à bord du cargo Tenabo qui part vers Marseille. Lucien intervient :
- Plus rien ne nous empêche de faire éclater le scandale. Tout le monde est en sécurité.
Angélique décide :
- Je vais immédiatement chez mon patron. Il est déjà au courant de mon enquête. Mais maintenant, on va pouvoir agir.
Le patron du journal recueille le dossier d’Angélique. Il découvre les photos, les articles, les adresses… pendant qu’Angélique lui explique. Et devant tant de preuves, il décide illico de le publier dans la presse.
De son côté, Lucien Cerise fait intervenir ses connaissances en France. Il prévient la police Française de l’arrivée à Marseille du cargo Tenabo. Il explique rapidement les grandes lignes de l’affaire. Il apprend que le juge d’instruction mécontent d’avoir été dupé par le général E a, lui aussi, mené parallèlement une enquête. Et oui ! Le général E n’avait pas tenu sa parole lors de la libération d’un convoyeur de drogue. Et cela a fort déplu au juge.
Le juge organise donc une opération de police à l’arrivée du Tenabo.
Les policiers surveillent le trafiquant qui doit recevoir la marchandise. Il est bien là avec un petit camion. Il ne se doute de rien.
Les policiers laissent se dérouler le déchargement et découvrent la drogue dans les colis et les valises des joueurs.
Dans un premier temps, tout le monde est arrêté, des trafiquants aux joueurs de foot, en passant par le capitaine du cargo.
Le juge avertit aussitôt que les joueurs ne seront pas inquiétés. Il sait très bien que ces jeunes sont d’abord des victimes. Ils pourront rentrer chez eux prochainement.
Par contre, il menace sérieusement les autres et assure qu’il va s’attaquer au Général E.
Il lance d’ailleurs un mandat d’arrêt international contre cette crapule.

Pendant ce temps, à Yaoundé, Lucien reçoit un appel vraiment inattendu :
- Allo, Lucien, c’est Dieudonné !!! Je suis à Marseille. C’est exprès que j’ai prévenu personne… Je ne savais plus comment sortir de ce trafic. Maman Claudine nous a fichu dans une sale affaire. En plus, Didier qui a disparu… J’ai suivi sa trace jusqu’à Marseille. J’ai su qu’il était reparti pour le Cameroun. Je suis resté ici pour enquêter dans le foot, pour que cesse ce trafic de jeunes joueurs. Tu m’en veux pas Lucien ?
Lucien le rassure :
- J’t’en veux pas. J’étais inquiet, mais maintenant je comprends. Tu sais, Didier, on l’a retrouvé. Et puis, il s’est passé plein de choses ici. J’te raconterai. Quand même, je suis surpris que tu te lances comme çà dans le métier de détective.
Dieudonné répond :
- Ton métier, c’est vraiment pas facile. Heureusement, j’ai été aidé par deux inspecteurs gentils : les Dupond et Dupont, tu dois les connaître ?
Les deux amis promettent de se revoir très bientôt. Dieudonné doit faire le voyage du retour avec les footballeurs.
A Yaoundé, dans la presse, toute l’affaire est révélée. Le scandale éclate.
Le général E a déjà réagi. Il s’est sauvé. Il est introuvable.
Lucien décide Angélique d’aller chez Marcel :
- S’il n’a pas encore lu la presse, il n’est pas au courant. Il doit être tranquille chez lui. On va lui faire peur et il nous dira peut-être où le Général se cache.

Lucien avait bien pensé. Ils entrent sans frapper chez Marcel. Ils le trouvent à moitié endormi, récupérant de son voyage. Ils le lèvent sans ménagement. Ils le harcèlent de questions et de menaces en lui montrant la une des journaux :
- Où est le général ? On sait tout. Le trafic, la drogue, les footballeurs, le Maquis incendié, les otages. Si tu veux t’en sortir, tu as intérêt à nous aider. Tu vas être en prison des années. Dis-nous où il est.
Ils insistent encore en haussant le ton de leurs paroles. Marcel apeuré ne tient plus :
- Arrêtez de me crier comme çà ! C’est bon, j’ai compris. Et il livre quelques informations : Si on le trouve nulle part, c’est qu’il a pris son avion. Il a un avion dans un hangar. Et la piste est cachée dans la forêt. C’est pas loin du Double Lion.
Lucien reprend :
- Avec tous les barrages policiers sur la route, il a du perdre du temps à changer son itinéraire. On va essayer de le prendre de vitesse et arriver avant lui là-bas.
Ils connaissent la route et partent en trombe vers le Double Lion. A l’approche de la forteresse, ils devinent au loin devant eux une Mercedes blanche.
- C’est celle du général ! Plus vite Lucien, on va le rater, il va s’échapper ! Crie Angélique.
Lucien fait pour le mieux. Ils arrivent tout près d’un hangar où est garée la voiture blanche.
Lucien contourne le bâtiment et stoppe devant l’entrée, bloquant ainsi la sortie de l’avion.
Le général E a beau être à bord de son avion, il n’ira pas plus loin. La police avertie arrive peu après. L’avion est investi et le général est enfin arrêté.

Quelle satisfaction quand le Général passe menotté devant eux !
Quelques temps plus tard, il sera lourdement condamné.
La justice Française juge tous les truands impliqués dans ce trafic.
Au Cameroun, Mange Mil perd son travail de policier. Marcel et tous les autres malfaiteurs sont également punis. Les juges sont plus indulgents avec Maman Claudine. C’est vrai qu’elle a déjà reçu une bonne leçon par le général E.
Et nos deux Héros ?
Notre Monsieur Cerise s’est tellement intéressé à l’enquête qu’il en a oublié qu’il faisait équipe avec une très jolie Angélique. Qu’elle est belle Angélique !!!
Lucien a donné rendez-vous à Angélique au Demi-Crocodile en fin d’après-midi. Plus question d’enquête. Ils sont attablés dans un coin plus calme du bar. Ils discutent gentiment quand le téléphone de Lucien sonne. Lucien jette un œil au portable :
- Oh ! Philippe ! C’est Philippe R ! Excuse-moi Angélique, je reviens...
Lucien s’absente un instant et décroche :
- Bonjour Philippe!
- Allo Lucien ! Alors Monsieur Cerise ? Y a pas que les enquêtes dans la vie ! Ben alors ! Cette jolie fille ! Qu’est ce que tu attends ?
Lucien se défend :
- J’ai bouclé notre enquête, on peut pas tout faire ! Et puis j’ose pas. Je ne sais même pas si elle est libre. Je vais voir…
Et il raccroche. Dieudonné passe tout près et lance en souriant :
- Salut les amoureux !
Lucien devient tout rouge. Dans le regard souriant d’Angélique, il devine ses sentiments. La main d’Angélique rejoint celle de Lucien. Ils échangent un tendre baiser plein de promesses. Lucien rappelle aussitôt Philippe R :
- Salut Philippe ! Allez ! On est ensemble !

 

Nouvelle de la classe de 5ème SEGPA du collège Paul Langevin de Sallaumines / Enseignant Mr Falempin