Reportage en Amazonie
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Extrait audio
I- Journal de voyage de Nadia (1).
Bonjour, je m’appelle Nadia Nadi, mais on me surnomme Nana.
Si vous voulez me souhaiter mon anniversaire, ma date de naissance est le
16 juillet 1983 et si vous voulez m’offrir un cadeau, j’habite au 150 rue
de Papeete à Mahina dans l’archipel de Tahiti. Pour le moment, je suis
célibataire et sans enfant. Je suis journaliste et je travaille pour le
Petit Quotidien Amazone.
Batista, un de mes collaborateurs est photographe. Je lui ai proposé un
reportage sur les animaux d’Amazonie. Il prendra les photos et moi
j’écrirai les articles.
J’aime mon travail mais j’aime aussi passer du temps avec mes amis Lola et
Matthieu. Si vous voulez me reconnaître : j’ai les yeux bleus, les cheveux
noirs, je suis grande, la peau bronzée. J’ai un dauphin tatoué sur
l’épaule droite. Je suis douce, gentille mais il ne faut pas m’embêter
sinon je deviendrai méchante.
A propos de Batista : son nom est Bross. Son ami Bradi le surnomme Le
Scorpion, à cause du tatouage qu’il a dans le dos. Il a vingt neuf ans,
est né à Venise. Il est venu en France pour étudier le journalisme et la
photo. Ce pays lui a tellement plu qu’il habite à Hénin-Beaumont, 69 rue
des Bleus – il y a fait un reportage photos sur les mines et c’est là
qu’il a rencontré Bradi, qui est devenu son meilleur ami. Il a les cheveux
noirs et les yeux marron. La pratique du judo, de la natation et du yoga
lui a fait un corps d’athlète. Il est ambitieux, courageux et malin. Les
situations dangereuses ne lui font pas peur. Il travaille depuis peu pour
le Petit Quotidien Amazone.
Je rejoindrai Batista à Belém où nous attend Lucio Flavio Pinto, un ami,
journaliste lui aussi, qui connaît la région comme sa poche.
II- Journal de voyage de Nadia (2).
Je bâille, j’ai mal dormi dans l’avion. Après trente heures de vol et une
escale à Brasilia, la capitale du Brésil, je sors du ventre de l’oiseau de
fer toute engourdie. Il est midi et demi, heure locale. J’ai faim et je
suis fatiguée. Je vais pouvoir faire une sieste : Batista n’arrive que ce
soir.
Je sors de l’aéroport, j’appelle un taxi qui me conduit à l’hôtel Lima. Je
me dépêche de déposer mes bagages. Sur la route, j’ai remarqué un Mac
Donald’s. J’y retourne à pieds et je prends un cheese, des frites,
un coca et une salade de fruits. Après mon repas, je repars tranquillement
à l’hôtel faire une sieste. Il est 15h30, je décide d’aller me promener
pour découvrir la ville.
III- Arrivée de Batista à Belém.
Le même jour.
Aaaah ! Il s’étire. Treize heures de vol ! Il est 20h30 et il vient de
poser le pied sur le sol brésilien. Ça lui rappelle quelque chose. Il fait
chaud. Il enlève son blouson – à Hénin-Beaumont, le thermomètre marquait
cinq degrés, ici, d’après ce qu’a annoncé le pilote, il en fait vingt
cinq. Lui aussi a faim et doit trouver son hôtel.
Il court récupérer ses bagages et la voiture de location. Il vérifie
l’itinéraire pour se rendre à l’hôtel Lima. Il admire la ville : très
jolie. Il dépose la voiture au garage. Un groom prend ses bagages et il
rejoint la réception afin de connaître son numéro de chambre et celui de
Nadia.
IV- Retrouvailles
Le réceptionniste appelle la chambre de Nadia – la 14 –, pour la prévenir
de mon arrivée. Je descends dans le hall.
- Bonsoir, dit Batista.
- Bonsoir ! Et si on allait manger, suggère immédiatement Nadia.
- Ouais, ça me permettra de découvrir la ville de Belém, la nuit.
- Ok, on se retrouve dans dix minutes, le temps que tu ranges tes
affaires.
Dix minutes plus tard, Batista descend, un tee-shirt rouge tout propre sur
le dos.
- J'ai découvert un Mac Do pas loin d'ici. Au moins, c'est de la
nourriture que l'on connaît !
- Excellente idée ! Attends-moi devant l'hôtel, je reviens avec la
voiture.
Nous arrivons facilement au restaurant grâce au GPS intégré. Il n'y a pas
beaucoup de monde et nous sommes servis rapidement. Batista prend un
cheeseburger, un coca et un yaourt à la fraise. Je prends un hamburger et
des frites, une glace à la framboise et une eau.
- Au fait, dit Nadia, j'ai téléphoné à Lucio Flavio Pinto. Tu te souviens
? Cet ami journaliste dont je t'ai parlé…
- Oui, répond Batista, je me rappelle. Est-ce qu'il est toujours d'accord
pour nous guider dans notre expédition ?
- Il m'a dit qu'il était très occupé et m'a demandé de le rappeler demain.
Il avait l'air assez pressé.
- Ça a l'air bizarre ! Peut-être a-t-il encore des problèmes avec une de
ces compagnies forestières, a dit Batista.
Sur ce, nous rentrons à l'hôtel et nous nous souhaitons bonne nuit.
V- Journal de voyage de Nadia (3)
Le lendemain, je rappelle Lucio Flavio Pinto, mais sa secrétaire m’apprend
qu’il a laissé un message pour moi : il a dû partir ce matin pour vérifier
une information à propos d’une grosse compagnie forestière. Il nous laisse
entre les mains d’un jeune homme, nommé Miguel, qui lui aussi connaît les
bords du fleuve Amazone. Nous pourrons le rencontrer en fin de matinée.
Après un copieux petit déjeuner : café, thé, jus de maracuja, de goyave,
pain frais, beurre et fruits – papayes, melons, bananes – le tout à
volonté, nous sortons de l’hôtel rassasiés. Nous décidons d’acheter le
matériel qui nous manque dans un magasin que j’ai repéré la veille en me
promenant. Tente, deux hamacs, deux sacs de couchage, deux lampes torche,
moustiquaire, trousse de secours, machette, corde… Tout y est !
Nous prenons la voiture et retrouvons Miguel, qui nous attend au journal
La voix de Belém. Miguel distribue le journal sur les bords de l’Amazone
et il est prêt à nous guider un peu. Avant de partir à l’assaut du fleuve
le plus long du monde, Miguel nous emmène manger des pasteis
(beignets frits, vendus par des japonais immigrés et fourrés à la viande,
au fromage ou au poulet).
Bon, il est temps de partir !
Au port de Tamandaré, nous embarquons sur l’Araca, un de ces lourds
bateaux qui sillonnent le fleuve nuit et jour. Sitôt à bord, nous
cherchons une place pour accrocher nos hamacs mais nous ne sommes pas les
seuls, ça se bouscule.
L’Amazonie défile le long de l’Araca. Le temps s’écoule lentement. Miguel
est un écologiste convaincu et, durant le voyage, nous avons eu le temps
de bavarder :
- En six mois, les éleveurs de bétails, les planteurs de soja et leurs
complices des compagnies forestières ont détruit l’équivalent de 320 000
terrains de football de forêt amazonienne, nous explique-t-il. Lucio en a
fait un article la semaine dernière… et il a reçu des menaces.
VI- Journal de voyage de Nadia (4)
Après trois jours de voyage, voici enfin Santarem ! Mais pas le temps de
flâner, nous devons trouver un avion qui nous emmènera au cœur de la
forêt. Batista prend quelques photos d’une énorme barge chargée de bois.
Un type s’approche, l’air renfrogné :
- Vous êtes journalistes ? Membres d’une association écologiste ? C’est
pourquoi toutes ces photos ?
Je fais l’idiote et lui répond :
- Non, nous sommes de simples touristes.
Miguel essaie de calmer le jeu
- Ils veulent photographier quelques animaux.
- Bon voyage, répète le type à plusieurs reprises.
Mais son air veut dire exactement le contraire.
- Bon voyage…
Puis il retourne parler à son équipe et nous montre du doigt plusieurs
fois.
- Pas commode ! dit Batista.
VII- Journal de voyage de Nadia (5)
Pour quelques centaines de reais, nous trouvons un pilote qui nous
emmène. Miguel nous apprend que Naldo, c’est son nom, est renommé pour
être un vrai casse-cou, mais également un as du manche à balai. Nous
embarquons tous les trois avec Naldo. Après une heure de vol, il atterrit
sur la fameuse Transamazonienne près de l’hôtel Amigo do Garimpeiro, à
quelques kilomètres de Porto Velho. Il n’y a pas d’eau chaude, mais la
patronne nous sert des œufs au plat, une montagne de riz et une énorme
louche de haricots noirs. J’espère que nous dormirons bien après ce
copieux repas. Et demain, direction la jungle ! Pour prendre nos premières
photos et partir à la recherche de Lucio. En effet, la patronne nous a
montré sa chambre : ses affaires n’ont pas bougé et elle voudrait savoir
qui va payer. Miguel est inquiet, il pense qu’il lui est peut-être arrivé
quelque chose.
VIII- Journal de voyage de Nadia (6)
Le 4 mars au matin, après avoir avalé un café, nous partons pour la forêt.
Contre une modique somme, Naldo a bien voulu rester à l’hôtel : il nous
attendra et nous ramènera à Belém.
Après quelques heures et de magnifiques photos, nous débouchons soudain
sur un spectacle de désolation : plus d’arbres, un soleil de plomb, une
terre orange et, au beau milieu, une cabane.
Tous les trois, nous approchons de la cabane. Batista regarde par la
fenêtre :
- Lucio est là, attaché et bâillonné !
- Il faut le délivrer immédiatement, dit Miguel, avant que ces bandits de
la compagnie forestière ne reviennent !
- Tu sais bien beaucoup de choses lui dis-je.
- T’inquiète pas Nadia, tu vas bientôt comprendre !
Nous entrons dans la cabane. Mais soudain, une alarme se déclenche, un
filet nous tombe dessus : nous sommes pris au piège ! Quelques secondes
plus tard les gens de la compagnie forestière font irruption et pointent
leurs fusils sur nous : ils jouent avec notre vie ! Je vois Miguel appuyer
sur sa montre. Sur le moment, il ne se passe rien, mais cinq minutes plus
tard, alors que ces bandits continuent à nous menacer de leurs armes, nous
entendons des moteurs de 4x4, des coups de freins et des hommes en noir
encerclent la cabane.
Après, tout va très vite :
- Lâchez vos armes ou nous tirons !
Nos agresseurs obéissent. Les hommes en noir sont des policiers. Ils
menottent les bandits.
- Bien joué Miguel ! Dit le chef, nous avons reçu ton signal.
Depuis des mois, en effet, Miguel se faisait passer pour un livreur de
journaux afin de coincer les responsables de l’abattage illégal des
arbres. Il était en contact permanent avec Lucio qui avait écrit de
nombreux articles sur les dégâts causés par la déforestation.
FIN
Carnet de voyage de la classe de CM1 de
l'école Fallières (Hénin Beaumont)