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Les carnets de voyage

Reportage en Amazonie

Le projet

En guise de préfaceL'itinéraireUn grand merci

Les carnets de voyage

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Le blog de Philippe Revelli

Dans quelle galère...Quelques pistesQuand faut y allerBelém pour commencerEn remontant l'AmazoneDur, dur, la TransamazonienneLe lac TiticacaLima, tout le monde descend !

Reportage en Amazonie

Extrait audio

I- Journal de voyage de Nadia (1).

Bonjour, je m’appelle Nadia Nadi, mais on me surnomme Nana.
Si vous voulez me souhaiter mon anniversaire, ma date de naissance est le 16 juillet 1983 et si vous voulez m’offrir un cadeau, j’habite au 150 rue de Papeete à Mahina dans l’archipel de Tahiti. Pour le moment, je suis célibataire et sans enfant. Je suis journaliste et je travaille pour le Petit Quotidien Amazone.
Batista, un de mes collaborateurs est photographe. Je lui ai proposé un reportage sur les animaux d’Amazonie. Il prendra les photos et moi j’écrirai les articles.
J’aime mon travail mais j’aime aussi passer du temps avec mes amis Lola et Matthieu. Si vous voulez me reconnaître : j’ai les yeux bleus, les cheveux noirs, je suis grande, la peau bronzée. J’ai un dauphin tatoué sur l’épaule droite. Je suis douce, gentille mais il ne faut pas m’embêter sinon je deviendrai méchante.
A propos de Batista : son nom est Bross. Son ami Bradi le surnomme Le Scorpion, à cause du tatouage qu’il a dans le dos. Il a vingt neuf ans, est né à Venise. Il est venu en France pour étudier le journalisme et la photo. Ce pays lui a tellement plu qu’il habite à Hénin-Beaumont, 69 rue des Bleus – il y a fait un reportage photos sur les mines et c’est là qu’il a rencontré Bradi, qui est devenu son meilleur ami. Il a les cheveux noirs et les yeux marron. La pratique du judo, de la natation et du yoga lui a fait un corps d’athlète. Il est ambitieux, courageux et malin. Les situations dangereuses ne lui font pas peur. Il travaille depuis peu pour le Petit Quotidien Amazone.
Je rejoindrai Batista à Belém où nous attend Lucio Flavio Pinto, un ami, journaliste lui aussi, qui connaît la région comme sa poche.

II- Journal de voyage de Nadia (2).

Je bâille, j’ai mal dormi dans l’avion. Après trente heures de vol et une escale à Brasilia, la capitale du Brésil, je sors du ventre de l’oiseau de fer toute engourdie. Il est midi et demi, heure locale. J’ai faim et je suis fatiguée. Je vais pouvoir faire une sieste : Batista n’arrive que ce soir.
Je sors de l’aéroport, j’appelle un taxi qui me conduit à l’hôtel Lima. Je me dépêche de déposer mes bagages. Sur la route, j’ai remarqué un Mac Donald’s. J’y retourne à pieds et je prends un cheese, des frites, un coca et une salade de fruits. Après mon repas, je repars tranquillement à l’hôtel faire une sieste. Il est 15h30, je décide d’aller me promener pour découvrir la ville.

III- Arrivée de Batista à Belém.

Le même jour.
Aaaah ! Il s’étire. Treize heures de vol ! Il est 20h30 et il vient de poser le pied sur le sol brésilien. Ça lui rappelle quelque chose. Il fait chaud. Il enlève son blouson – à Hénin-Beaumont, le thermomètre marquait cinq degrés, ici, d’après ce qu’a annoncé le pilote, il en fait vingt cinq. Lui aussi a faim et doit trouver son hôtel.
Il court récupérer ses bagages et la voiture de location. Il vérifie l’itinéraire pour se rendre à l’hôtel Lima. Il admire la ville : très jolie. Il dépose la voiture au garage. Un groom prend ses bagages et il rejoint la réception afin de connaître son numéro de chambre et celui de Nadia.

IV- Retrouvailles

Le réceptionniste appelle la chambre de Nadia – la 14 –, pour la prévenir de mon arrivée. Je descends dans le hall.
- Bonsoir, dit Batista.
- Bonsoir ! Et si on allait manger, suggère immédiatement Nadia.
- Ouais, ça me permettra de découvrir la ville de Belém, la nuit.
- Ok, on se retrouve dans dix minutes, le temps que tu ranges tes affaires.
Dix minutes plus tard, Batista descend, un tee-shirt rouge tout propre sur le dos.
- J'ai découvert un Mac Do pas loin d'ici. Au moins, c'est de la nourriture que l'on connaît !
- Excellente idée ! Attends-moi devant l'hôtel, je reviens avec la voiture.
Nous arrivons facilement au restaurant grâce au GPS intégré. Il n'y a pas beaucoup de monde et nous sommes servis rapidement. Batista prend un cheeseburger, un coca et un yaourt à la fraise. Je prends un hamburger et des frites, une glace à la framboise et une eau.
- Au fait, dit Nadia, j'ai téléphoné à Lucio Flavio Pinto. Tu te souviens ? Cet ami journaliste dont je t'ai parlé…
- Oui, répond Batista, je me rappelle. Est-ce qu'il est toujours d'accord pour nous guider dans notre expédition ?
- Il m'a dit qu'il était très occupé et m'a demandé de le rappeler demain. Il avait l'air assez pressé.
- Ça a l'air bizarre ! Peut-être a-t-il encore des problèmes avec une de ces compagnies forestières, a dit Batista.
Sur ce, nous rentrons à l'hôtel et nous nous souhaitons bonne nuit.

V- Journal de voyage de Nadia (3)

Le lendemain, je rappelle Lucio Flavio Pinto, mais sa secrétaire m’apprend qu’il a laissé un message pour moi : il a dû partir ce matin pour vérifier une information à propos d’une grosse compagnie forestière. Il nous laisse entre les mains d’un jeune homme, nommé Miguel, qui lui aussi connaît les bords du fleuve Amazone. Nous pourrons le rencontrer en fin de matinée.
Après un copieux petit déjeuner : café, thé, jus de maracuja, de goyave, pain frais, beurre et fruits – papayes, melons, bananes – le tout à volonté, nous sortons de l’hôtel rassasiés. Nous décidons d’acheter le matériel qui nous manque dans un magasin que j’ai repéré la veille en me promenant. Tente, deux hamacs, deux sacs de couchage, deux lampes torche, moustiquaire, trousse de secours, machette, corde… Tout y est !
Nous prenons la voiture et retrouvons Miguel, qui nous attend au journal La voix de Belém. Miguel distribue le journal sur les bords de l’Amazone et il est prêt à nous guider un peu. Avant de partir à l’assaut du fleuve le plus long du monde, Miguel nous emmène manger des pasteis (beignets frits, vendus par des japonais immigrés et fourrés à la viande, au fromage ou au poulet).
Bon, il est temps de partir !
Au port de Tamandaré, nous embarquons sur l’Araca, un de ces lourds bateaux qui sillonnent le fleuve nuit et jour. Sitôt à bord, nous cherchons une place pour accrocher nos hamacs mais nous ne sommes pas les seuls, ça se bouscule.
L’Amazonie défile le long de l’Araca. Le temps s’écoule lentement. Miguel est un écologiste convaincu et, durant le voyage, nous avons eu le temps de bavarder :
- En six mois, les éleveurs de bétails, les planteurs de soja et leurs complices des compagnies forestières ont détruit l’équivalent de 320 000 terrains de football de forêt amazonienne, nous explique-t-il. Lucio en a fait un article la semaine dernière… et il a reçu des menaces.

VI- Journal de voyage de Nadia (4)

Après trois jours de voyage, voici enfin Santarem ! Mais pas le temps de flâner, nous devons trouver un avion qui nous emmènera au cœur de la forêt. Batista prend quelques photos d’une énorme barge chargée de bois. Un type s’approche, l’air renfrogné :
- Vous êtes journalistes ? Membres d’une association écologiste ? C’est pourquoi toutes ces photos ?
Je fais l’idiote et lui répond :
- Non, nous sommes de simples touristes.
Miguel essaie de calmer le jeu
- Ils veulent photographier quelques animaux.
- Bon voyage, répète le type à plusieurs reprises.
Mais son air veut dire exactement le contraire.
- Bon voyage…
Puis il retourne parler à son équipe et nous montre du doigt plusieurs fois.
- Pas commode ! dit Batista.

VII- Journal de voyage de Nadia (5)

Pour quelques centaines de reais, nous trouvons un pilote qui nous emmène. Miguel nous apprend que Naldo, c’est son nom, est renommé pour être un vrai casse-cou, mais également un as du manche à balai. Nous embarquons tous les trois avec Naldo. Après une heure de vol, il atterrit sur la fameuse Transamazonienne près de l’hôtel Amigo do Garimpeiro, à quelques kilomètres de Porto Velho. Il n’y a pas d’eau chaude, mais la patronne nous sert des œufs au plat, une montagne de riz et une énorme louche de haricots noirs. J’espère que nous dormirons bien après ce copieux repas. Et demain, direction la jungle ! Pour prendre nos premières photos et partir à la recherche de Lucio. En effet, la patronne nous a montré sa chambre : ses affaires n’ont pas bougé et elle voudrait savoir qui va payer. Miguel est inquiet, il pense qu’il lui est peut-être arrivé quelque chose.

VIII- Journal de voyage de Nadia (6)

Le 4 mars au matin, après avoir avalé un café, nous partons pour la forêt. Contre une modique somme, Naldo a bien voulu rester à l’hôtel : il nous attendra et nous ramènera à Belém.
Après quelques heures et de magnifiques photos, nous débouchons soudain sur un spectacle de désolation : plus d’arbres, un soleil de plomb, une terre orange et, au beau milieu, une cabane.
Tous les trois, nous approchons de la cabane. Batista regarde par la fenêtre :
- Lucio est là, attaché et bâillonné !
- Il faut le délivrer immédiatement, dit Miguel, avant que ces bandits de la compagnie forestière ne reviennent !
- Tu sais bien beaucoup de choses lui dis-je.
- T’inquiète pas Nadia, tu vas bientôt comprendre !
Nous entrons dans la cabane. Mais soudain, une alarme se déclenche, un filet nous tombe dessus : nous sommes pris au piège ! Quelques secondes plus tard les gens de la compagnie forestière font irruption et pointent leurs fusils sur nous : ils jouent avec notre vie ! Je vois Miguel appuyer sur sa montre. Sur le moment, il ne se passe rien, mais cinq minutes plus tard, alors que ces bandits continuent à nous menacer de leurs armes, nous entendons des moteurs de 4x4, des coups de freins et des hommes en noir encerclent la cabane.
Après, tout va très vite :
- Lâchez vos armes ou nous tirons !
Nos agresseurs obéissent. Les hommes en noir sont des policiers. Ils menottent les bandits.
- Bien joué Miguel ! Dit le chef, nous avons reçu ton signal.
Depuis des mois, en effet, Miguel se faisait passer pour un livreur de journaux afin de coincer les responsables de l’abattage illégal des arbres. Il était en contact permanent avec Lucio qui avait écrit de nombreux articles sur les dégâts causés par la déforestation.

 

FIN

Carnet de voyage de la classe de CM1 de l'école Fallières (Hénin Beaumont)