| Philippe REVELLIphotographe |
|
expositionGuatemala / Les pénitents de San Andres texte... |
|
![]()
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
![]()
Guatemala /
Les pénitents de San Andres : San Andrés Sajcabajá, une commune de l'altiplano
guatémaltèque.
Les indigènes Quichés (90% de la population) vivent dans les hameaux et les
ladinos - métis ou blancs - dans le bourg.Au XVIe siècle, les Espagnols
fondent la réduction de San Andrés Sajcabajá, administrée par des
Dominicains, qui évangélisent et imposent le rituel catholique. Afin de
consolider leur emprise sur la population, les missionnaires espagnols
organisent les "confréries" qui ont chacune la charge du culte d'un Saint.
Liées aux autorités catholiques, les "confréries" vont structurer la
communauté.
Au cours du XVIIIe siècle, quand l'administration des réductions tend à se
séculariser, les "confréries" jouent le rôle de courroie de transmission du
pouvoir ladino mais peuvent aussi, à l'occasion, cristalliser autour d'elles
la résistance aux abus mêmes de ces ladinos.
A la fin du XIXe siècle, débarrassées de la tutelle du clergé qui abandonne
San Andrés Sajcabajá, les "confréries" se démarquent de plus en plus de
l'orthodoxie catholique : au culte des Saints se mêlent des pratiques
religieuses d'inspiration préhispanique. L'autorité des anciens s'en trouve
renforcée contribuant, selon l'historien Jean Piel, "à la restauration, par
les indigènes, d'un pouvoir politico-religieux autonome".
Il faudra attendre 1960 pour que l'église rouvre ses portes. Dans tout le
Guatemala, un mouvement social émergeant débouche alors sur la constitution
de groupes de lutte armée. Certains prêtres catholiques, influencés par la
théologie de la libération rejoignent ou soutiennent la guérilla. Le pouvoir
militaire répond par la terreur, et le génocide perpétré par l'armée
guatémaltèque au début des années 80 laisse à San Andrés des blessures
profondes.
Aujourd'hui, la communauté Maya-Quiché de San Andrés Sajcabajá - que le
désir de durer a contraint à évoluer au cours d'une histoire marquée du
sceau de la violence exercée par le pouvoir ladino - se reconnaît dans le
souvenir de ses morts et le culte des ancêtres entretenu par la "coutume".
Et encore une fois, les confréries célèbrent la Semaine Sainte.